Misère pèlerinages et galères
Dans les années 1970, lorsque commença le balisage du chemin du Puy, l’une des tâches des responsables fut de convaincre les habitants que le mot « pèlerin » n’était pas synonyme de « gueux » dont il faut se méfier. Cette méfiance remontait aux XVIIe et XVIIIe siècle, au temps où la misère ambiante, les guerres, la peur de la conscription poussaient des jeunes hommes à s’expatrier sous prétexte de pèlerinage. Partout régnait la méfiance à la vue d’un pèlerin. Par exemple, ce jeune bourguignon arrêté à Saint-Flour en 1755, sans papiers et porteur d’une marque d’infamie prouvant qu’il avait déjà été aux galères du Roy. Un pauvre garçon condamné pour faux-saunage, qui cherchait maintenant à gagner sa vie en vendant des ciseaux sur les routes de pèlerinage. Au demeurant, un bon garçon, ce dont témoigne le curé de sa paroisse. Mais la punition était conforme aux désirs du roi : les galères à perpétuité pour les pèlerins démunis des autorisations nécessaires.
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G. Roux, « Un pèlerin Bourguignon incarcéré à Saint-Flour », Revue de la Haute-Auvergne, janv. mars 1946, p.153-157
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