Au-delà de Compostelle, Notre-Dame de la Barque
Beaucoup de pèlerins de Compostelle poursuivent leur chemin jusqu’à Padron et au cap Finisterre. Combien vont jusqu’à Muxia vénérer Notre-Dame de la Barque ? Pourtant ce lieu est cher aux Galiciens qui se souviennent d’une légende selon laquelle la Vierge y aurait visité saint Jacques pendant sa mission d’évangélisation. Cette légende met une fois de plus en évidence le lien étroit entre l’apôtre et la Vierge.
Le sanctuaire Notre-Dame de la Barque
Sébastien Ilsung devant la barque
dessin de J. Michel d’après les dessins originaux en couleur de S.Ilsung
Le sanctuaire Notre-Dame de la Barque
sur un dépliant touristique de la Xunta de Galice


Le phare et le sanctuaire photographiés par Erich Kräml en octobre 2000
Ce sanctuaire est situé à Muxia, dans un site rocheux en face d’une mer sauvage. La Vierge y serait arrivée en barque pour soutenir saint Jacques pendant sa mision d’évangélisation de l’Espagne. Jusqu’au milieu du XVIe siècle, ce sanctuaire attirait les pèlerins de Compostelle de la même manière que celui de Finisterre. Rares sont aujourd’hui ceux qui prolongent leur route jusqu’à ce sanctuaire. La légende de la barque de Marie a été oubliée au profit du tombeau de l’apôtre. Les chanoines de Compostelle s’emploient d’ailleurs à dissuader les pèlerins d’aller au delà du tombeau.
Aujourd’hui, des milliers de visiteurs continuent à venir s’agenouiller devant la Vierge, particulièrement vénérée des Galiciens. A côté de l’aspect religieux deux traditions se perpétuent :
• essayer de bouger la Pedra de Abalar, cassée depuis plusieurs années. Abalar signifie bouger, bercer, trembler… Le rocher est plus ou moins bancal et la tradition fait qu’on essaye de faire bouger l’énorme pierre. Cette pierre, en forme de voile, serait le mât et la voile du bateau du miracle de la sainte Vierge apparue à saint Jacques.
• passer sous la Pedra dos Cadris qui serait le corps du bateau. Cadrís est le pluriel de cadril qui est la partie du corps entre les deux hanches donc passer sous cette pierre soigne le mal de reins.
Un troisième rocher, Timón, symbolise le gouvernail du bateau.
Ces traditions sont vraisemblablement des vestiges de rites préchrétiens. Mais plus encore, ces légendes rappellent le lien étroit entre la Vierge et saint Jacques. Le Protévangile de Jacques, sans être canonique, est le texte sur lequel reposent de nombreuses dévotions mariales parfaitement intégrées dans la liturgie de l’Eglise.
Voir plus de développements sur la côte de la mort et saint Jacques passeur des âmes.
