Un MAITRE PASTELLIER de LECTOURE renouvelle la tradition des dons à la Chapelle des Rois de France

Septembre-octobre 2001

Henri et Denise Lambert sont venus s’installer à Lectoure pour y relancer la fabrication du pastel.

Henri Lambert a fondé la Confrérie des Maistres Pastelliers et une S.A.R.L. les Bleus de pastel de Lectoure. Il a repris les savoir-faire anciens, a réussi à retrouver les secrets de fabrication perdus et a fait cultiver à nouveau la plante oubliée, le pastel Isatis tinctoria. Ce pastel fit la gloire de tout le Sud-Ouest, dessinant ce que l’on a appelé le  » triangle bleu « , ou le  » pays de Cocagne « , ce mot de  » cocagne  » signifiant au XVe siècle :  » pastel en pâte « . Détrôné par l’indigo, réapparu avec Napoléon Ier, le pastel disparut totalement avec l’invention des bleus de synthèse, lesquels n’ayant pourtant jamais pu reproduire la teinte  » pastel « .

Henri Lambert a souhaité, avec son épouse, renouer avec la tradition des dons d’une confrérie apportés par des pèlerins à la cathédrale de Santiago.

Le 24 septembre 2001 Denise Lambert et une amie sont parties à cheval de Lectoure pour Compostelle. Elle portent une offrande pour l’autel de la chapelle des rois de France, un tapis d’autel filé et tissé à la main, teint avec le fameux  » Bleu de Lectoure « . Sur le tapis, des broderies réalisées par les religieuses du Carmel : la coquille de l’Association des amis de Saint-Jacques-de-Compostelle dans le Gers et le symbole héraldique de la Galice : le Saint-Sacrement de Lugo.

L’offrande de ce tapis d’autel est remarquable à plusieurs titres :

– lien renoué entre les pèlerins d’hier et ceux d’aujourd’hui.

– témoignage de la parole de Jacques dans son Epître :  » sans œuvres la Foi est morte « .

– incitation faite aux pèlerins français à retrouver la coutume de se recueillir dans cette chapelle.

– symbole du chemin tissé au long des chemins de pèlerinage européens par les pas des pèlerins du Gers, de France, et d’Europe.

ndlr : sans doute mal informés des réalités historiques et tributaires de la mode actuelle,

les donateurs ont fait bénir ce tapis à la Cathédrale du Puy.

Mise à jour 13/06/03

Malheureusement ce tapis n’a pas trouvé place sur l’autel auquel il était destiné. Sa couleur ne convenait pas ! Il est conservé quelque part par les chanoines. Sera-t-il un jour ou l’autre ressorti à quelque occasion pour des pèlerins français ?