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Accueil mise à jour le 7 septembre, 2007 Connaître saint Jacques. Comprendre Compostelle. survol du site Page précédente

Léon de Rozmital pèlerin, touriste, ambassadeur ...

 Le 25 novembre 1465, Léon de Rozmital, seigneur tchèque, part de Prague en grand équipage pour un long voyage à travers l’Europe. Il se définit comme un pèlerin qui “voulait rendre visite à tous les royaumes chrétiens mais aussi à toutes les principautés ecclésiastiques et civiles en terres germaniques et romanes et voulait tout particulièrement se rendre au Saint-Sépulcre et au tombeau du bien-aimé apôtre Jacques … de telle sorte qu’il puisse tirer au mieux profit et avantage pour sa propre vie”. Ce projet se double du désir de “s’exercer dans l’art militaire” et “d’étudier les usages des différents pays”. Bien que non formulé explicitement, s’ajoute nettement un voyage diplomatique.

 
 

Depuis dix ans, Léon de Rozmital (catholique) est l’époux de la sœur de Georges Podiebrad, roi de Bohême et ancien chef du parti hussite fondateur de la nouvelle église tchèque, non admise par le pape (qui avait encore organisé une croisade contre lui au début de cette même année 1465).
Depuis l’année précédente, Podiebrad est en relation avec Louis XI auquel il a soumis un projet de Cour européenne, indépendante du pape et de l’empereur, sorte de conseil des princes régnants pour régler les litiges réciproques et ceux de leurs voisins. A sa tête, la France. La signature du traité de fédération devait se faire à Bâle le 26 février 1465. Elle n’a pas eu lieu. Rozmital est donc chargé de prendre connaissance des dernières positions des souverains, et aussi d’en solliciter d’autres, en particulier Castille, Aragon, Portugal
A l’ordre du jour :
- la paix en Bohême, entre ces “ deux peuples ” déchirés depuis longtemps par la guerre civile sur fond de révolution hussite.
- la lutte contre l’avance turque vers le monde chrétien. Le départ de Rozmital ne peut pas être étranger à la politique menée par Podiebrad.

 

Ces récits de voyage offrent un panorama extraordinaire de tous les événements survenus pendant toute sa durée. Très concrètement, ils montrent que, si la dévotion est bien présente dans ce long pèlerinage, elle n'exclut ni les rencontres politiques, ni la fête, ni le sport, ni la simple curiosité touristique. Ils rappellent également que la noblesse pèlerine en grand équipage, sans se soucier de douleur ou de pauvreté apostolique.

Léon de Rozmital participe à plusieurs tournois organisés en son honneur. Il compare les règles, qui sont différentes de celles de son pays. En Espagne, il assiste en spectateur passionné à des combats à cheval contre des taureaux, dont il ignorait l'existence.

Tout au long du voyage sont décrits les paysages, la flore, la faune, les villes et les villages, les distances parcourues, tout comme sont consignées les observations sur les populations, leur physique, leur costume, leurs modes de vie.


SOURCES
1- le récit officiel par Schaschek, en tchèque, destiné à être remis à Georges Podiebrad. Texte perdu, mais traduit en latin en 1577. Traduction certainement pas fidèle car faite pour l’enseignement.
2- Le récit de Tetzel, bourgeois de Nuremberg qui appartenait à la suite. Journal de voyage rédigé en allemand quelques années après le retour.

 

ITINERAIRE DE LEON DE Rozmital
Partant de Prague, un itinéraire historiquement attesté par deux récits,
traversant un nombre important de pays européens.

Un outil d’interprétation de l’Europe d’hier et d’aujourd’hui


Liste des sanctuaires visités par Léon de Rozmital

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