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mise à jour le 26 avril, 2007 Connaître saint Jacques. Comprendre Compostelle. survol du site Page précédente Accueil
 

La Compostela ou certificat de pèlerinage

La Compostela est le document écrit en latin qui est remis au pèlerin à son arrivée à Compostelle par le Bureau des pèlerinages pour attester qu'il a fait le pèlerinage pour venir se recueillir sur le tombeau de l’apôtre Jacques.
Ci-dessous la reproduction d'une Compostela actuelle avec la traduction du texte latin et celle d'une Compostela de 1976.
Nous publions également la circulaire en vigueur du Bureau des pèlerinages définissant les conditions d'attribution de ce certificat .

Information brève du 26/04/07
Le site officiel de l'archevêché de Santiago de Compostela annonce qu'à partir de l'année 2009, la Compostela (certificat délivré par le bureau des pèlerinages de la cathédrale) ne sera accordée qu'aux pèlerins en possession d'une "Credencial oficial" (carnet du pèlerin) délivrée par les institutions ecclésiastiques (évêchés, paroisses, confréries...). Cet avis figure dans les pages en espagnol du site de l'archevêché mais n'est pas inclus dans les pages en français. Il exclut de fait tous les carnets délivrés par les associations d'amis du chemin. Une lettre, signée par Don Jenaro Cebrián Franco, chanoine responsable du bureau des pèlerinages, est actuellement adressée aux associations d'Amis du Camino expliquant que le but de la nouvelle réglementation est d'unifier la Credencial et de préserver ainsi le futur du Chemin de Saint-Jacques et du pélerinage chrétien. Selon le même courrier les diocèses espagnols auraient été contactés pour qu'ils se chargent de la distribution du carnet. Rappelons que, dans sa forme actuelle, la Credencial, fut introduite par Elias Valiña, abbé du Cebreiro, dans le but de faciliter le logement des pèlerins. Elle n'avait à l'origine aucune relation ni avec la Cathédrale de Santiago ni avec la Compostela.

De quand date la Compostela ?
Son origine n'est pas connue avec précision. On peut penser qu'elle est la descendante des attestations que les personnes condamnées au pèlerinage devaient rapporter comme preuve de l'accomplissement de leur peine.
En voici un exemple du 22 août 1321 « samedi avant la fête de saint Barthélémy apôtre », copie de l’attestation rédigée par le garde de la prévôté de Paris qui affirme avoir vu les cinq certificats délivrés par les sanctuaires où Robert Cassel, comte de Flandres a accompli les pèlerinages auxquels il avait été condamné : Notre-Dame du Puy, 7 mai 1321 dont les certificats se présentent comme des « lettres scellées de cire verte en un las de fil vert et signée de seing de tabellion publique », Saint-Gilles le 20 mai où il reçut des lettres « signées de seing de tabellion publique », Notre-Dame de Vauvert, 23 mai avec lettres « scellées d’un scel de cire verte à queue double de parchemin et signées de seing de tabellion publique », Saint-Jacques en Galice, 23 juin, lettres « scellées d’un scel de cire verte mis aud. dos du parchemin » et Notre-Dame de Rocamadour où il reçut le 22 juillet des lettres « scellées d’un scel de cire verte ». (Arch. départ. Nord, B 259 / 5391)


Depuis quand est-elle donnée à tous les pèlerins ? On peut penser que cette délivrance est liée aux règlementations des pèlerinages car les pèlerins furent progressivement tenus d'apporter des justificatifs de leurs déplacements.

Voici une attestation délivrée en 1594 par l'hôpital des Rois catholiques :
certificat (traduit du latin) de Matalina Ruggieri, de Choue (Loir-et-Cher, ar. Vendôme, cant. Mondoubleau) publié par l’abbé Chambois, Certificat de pèlerinage à Saint-Jacques en Galice, Vendôme, 1891. Ce document a été découvert par l'abbé Chambois dans les papiers de Jacques de Vendosmois, seigneur d'Alleray et de Choue, officier de la cour de Henri IV. Il lui semble possible qu'elle soit parente de Côme Ruggieri, astrologue de Catherine de Médicis et conspirateur contre Charles IX puis Henri IV.

"Moy subsiné Dinis Suchay, hospitalié du gram hospital de Meunsieur Sanct Jaque certifie à tous ceux qui ces présentes lettres verront que Matalina Rugiere, née et natif de la parace de Chue est venue au voyage à meunsieur San Jaque de Galice qui est à Compostela, qui esqt arrivé le jur des Rogacions (12 mai) an ladite cité de Compostela, laquele a esté malade au grand hospital de San Jaque pendant espace de six semaine, après quela esté guérie de la maladie qui la plu à Dieu, est revenue à la santé, et retornée en son païs. Dinis Suchay."

En 1650, la pratique semble établie car un guide paru à Toulouse cette année là indique :

"Tous les Pelerins doiventrecevoir le Corpus Domini comme à Pasques, et y a Prestres de toute nation pour soy confesser, et reçoivent les Pelerins françois à la chapelle de France, qui est dernier (derrière) le grand autel ... Et puis se mettent confraires de S. jacques, et chacun prend un petit Cartel signé du Cardinal Majour de ladite Eglise. Et se montrent les reliques une ou deux fois le jour seulement."

La délivrance du "petit Cartel" semble, à cette époque, liée à l'adhésion à la confrairie (en fait celle de l'hôpital des Rois catholiques). Une confrérie existe toujours, sans lien avec la Compostela, mais peu de pèlerins en deviennent membres.

La pratique est confirmée en 1718, par la « Chanson du devoir des pèlerins », extraite du livret Les chansons des pèlerins de S. Jacques, Troyes, 1718, p.21

« A Compostelle, de coutume ancienne, on y prend la portion, mangeant le pain des anges qui descendit du ciel pour notre salvaison, rendant mille louanges au grand roi immortel… Puis chacun se dispose à vouloir retourner »; Il prend « lettres de témognage et d'attestation… pour la confession »

Exemples de Compostela modernes

une Compostela de 2001
image d'une Compostela

Traduction du texte latin   

 

Le chapitre de cette bienheureuse église métropolitaine et apostolique de Compostelle, garde des sceaux de l'autel du Bienheureux Apôtre Jacques, afin de délivrer un certificat de pèlerinage à tous les Fidèles et Pèlerins du Monde entier, parvenant auprès de saint Jacques, notre Apôtre, patron et protecteur des Espagnes, mus par la dévotion ou par un voeu, au vu des circonstances, certifie que ...

 

le nom du pèlerin est inscrit en latin

 

mû(e) par sa foi, a dévotement visité ce très saint Temple.
Au nom de cette foi, je lui remets la présente attestation, munie du sceau de cette Sainte Eglise.

 

 

A Compostelle, le ...
Le secrétaire du chapitre

une Compostela de 1976

  

une Compostela de 1976

Règlementation du bureau de la cathédrale de Compostelle relative à la Compostela

 

« Pour recevoir la COMPOSTELA il faut, en principe, faire le pèlerinage depuis la porte de sa maison jusqu'à la tombe de l’apôtre Saint Jacques. Les distances à parcourir étant très différentes d'après le lieu de départ, il a été convenu que le pèlerinage peut-être écourté jusqu'à un strict minimum de 100 Km à pied ou à cheval ou de 200 Km à vélo.[1]
Il faut avoir parcouru au moins les 100 ou 200 derniers Km avant Saint Jacques de Compostelle.[2]
Ceux qui parcourent le chemin en plusieurs tronçons parce qu'ils n'ont pas la possibilité de le parcourir en entier à un moment déterminé ou pour toute autre raison, ne reçoivent pas la Compostela pour chaque fois qu'ils ont parcouru 100 Km. Tous les pèlerins qui parcourent le chemin de cette façon doivent le savoir, afin d'éviter les tensions au moment de leur arrivée.
Autrefois la Compostela était la preuve qu'on avait accompli sa peine ou une pénitence publique. A présent c'est un certificat[3] d'un caractère Spirituel attestant qu'on a fait le pèlerinage traditionnel à Saint-Jacques-de-Compostelle PIETATIS CAUSA.[4]
Il faut savoir que la grâce[5] n'est pas liée à la Compostela.
On peut aussi obtenir cette grâce en se rendant à Compostelle par n'importe quel moyen, sans y aller à pied. D'autre part on peut obtenir la Compostela sans recevoir la grâce.
Pour gagner la grâce il faut :
- Visiter la tombe de apôtre dans la cathédrale et y prier - - On remplit cette dernière condition en assistant à la messe. -
- Se confesser dans la cathédrale ou ailleurs dans un délai de 15 jours avant ou après la visite à la tombe de 1'apôtre, et dans l'intention d'obtenir la grâce.
- Communier, de préférence dans la cathédrale. Les pèlerins peuvent accomplir ces rites dans la cathédrale seuls ou en groupe. Si l'autorité de la cathédrale en est avisée la présence du groupe sera annoncée pendant 1'Eucharistie. Un représentant du groupe peut lire une prière à saint Jacques après 1'Évangile. Le texte, dont la longueur ne peut dépasser une page, doit être communiqué à l'avance à l'autorité de la cathédrale. Celui qui préside l'Eucharistie répondra à cette lecture . On peut implorer la grâce pour la rémission de son propre péché ou pour ceux des défunts. Les malades qui ne sont plus capables de se déplacer peuvent obtenir la grâce sans se rendre à Compostelle et y accomplir les rites prévus. Des conditions spéciales ont été prévues pour eux »

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Notes :

1 Extrait de la note d'information à l'attention du Pèlerin émise par : L'OFICINA DE ACOGIDA AL PEREGRINO DE LA CATHEDRAL DE SANTIAGO : « Nous vous recevrons au Bureau d'Accueil des Pèlerins, 1, rue de Vilar. Ici nous assurons l'accueil des Pèlerins, nous leur remettons le dernier cachet et leur concédons la COMPOSTELA, qui est le certificat officiel pour ceux qui font le pèlerinage « pietatis causa », c'est à dire en donnant un sens chrétien, au moins religieux, au pèlerinage. Si l'on fait le chemin sans cette finalité il n'est pas nécessaire de se présenter dans notre bureau » Attention : depuis peu, possibilité d’obtenir un « certificat d’arrivée à Santiago » pour les autres
2 Ce qui explique la forte affluence sur ces 100 ou 200 km.
3 Si vous ne voulez pas abîmer votre Compostela dans votre sac à dos, vous pouvez acheter dans la boutique en face du bureau des pèlerins un tube en carton pour un prix dérisoire ou la faire plastifier au « labo photo » 23, rue de Vilar pour pas beaucoup plus cher..
4 Dans un but religieux.
5 ce terme de « grâce »est très intentionnellement utilisé au lieu « d'indulgence » par l'autorité compétente du bureau des pèlerinages.

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